La maison mozabite


La maison mozabite traditionnelle

plan des etages maison mozabite

Schéma publié dans le magazine documentaire Bibliothèque de Travail – 1991 (d’après un schéma d’André Ravereau ?)

Vue de l’extérieur, les maisons sont disposées en gradins et serrées les unes contre les autres. Leur masse est aérée et allégée par des rangées d’arcades. A l’origine, les peintures des murs aux tons pastels (bleu, vert, ocre…) ne sont pas prévues pour embellir mais pour atténuer la réverbération du soleil.

 

Les matériaux de construction

Les matériaux de construction de la maison sont des matériaux naturels :

Le toub

Ce sont des briques d’argile, fabriquées très facilement sur le chantier de construction. Séché au soleil, le toub a une excellente qualité iso thermique.

Le timchent

C’est une sorte de plâtre obtenu après quelques heures de cuisson de gypse local. Il sert à faire les joints entre les briques et les pierres. Comme la terre, il peut être manié à la main sans truelle. Lui aussi a des qualités iso thermiques.

Le palmier

C’est avec son bois que l’on fabrique des portes et des poutres. Le palmier est l’arbre dont toute partie a son utilité à Ghardaia. Ainsi, le régime de dattes sec et débarrassé de ses fruits est employé pour l’application des enduits sur les murs.

Quel que soit le climat extérieur, la température des pièces de la maison varie très peu grâce aux murs de toub et de timchent. Cette qualité des constructions en terre suscite de plus en plus l’intérêt des architectes modernes.

Visite intérieure d’une maison

Poussons discrètement l’épaisse porte de bois qui ferme l’entrée. D’abord, nous ne verrons pas grand chose parce qu’une chicane dissimule les autres pièces aux regards.

Puis, un couloir débouche dans le tizefrit (salle des femmes) également destiné à certains actes religieux.

plan interieur maison mozabite

Schéma publié dans le magazine documentaire Bibliothèque de Travail – 1991

Les pièces du rez-de-chaussée (chambre, réserve des vivres…) se répartissent autour d’un espace central, appelé « ouastdar », où l’on cuisine et prend les repas.

Une ouverture, chebek, pratiquée dans son plafond, distribue une lumière douce.

 

Un étroit escalier de pierre nous conduit au premier étage qui est divisé en plusieurs parties :
– au centre, un espace sans plafond appelé « tirrarghet », lieu de séjour agréable au printemps ou à l’automne ;
– ouvrant sur celui-ci par des arcades, une chambre à plafond, ikomar ;
– le salon, laali, disposant d’entrées indépendantes pour que les invités puissent entrer et sortir sans importuner les femmes de la maison.

Au second étage, une terrasse (plafond des pièces du premier) entoure la maison sur trois côtés : elle est bordée de murs de 1,50 m de hauteur, remparts contre les regards indiscrets. Cette large terrasse sert de chambre à ciel ouvert pour toute la famille pendant les chaudes nuits d’été.

En guise de meubles, des niches sont façonnées dans l’épaisseur des murs. Quelques étagères et le coffre de la mariée peint de fleurs naïves apportent une touche de couleurs qui tranche avec les murs blancs. Les fenêtres sont rares et petites, tant dans un souci de préserver l’intimité de la famille que dans un souci de conserver la fraîcheur de l’intérieur pendant la longue et étouffante période estivale.

غرداية سياحة